#19/20 Édito

La saison prochaine est comme une inflorescence ! Une saison qui ressemble à une grappe de raisins bien mûrs, symbole de rêves : ceux qui arrivent quand on ne s’y attend pas, comme faire à nouveau un défilé pour la Biennale de Lyon prévu le 13 septembre 2020, et comme à chaque fois, de manière encore différente, originale, avec des artistes amateurs de trois pays de deux continents et dans le creux de quatre mains de deux chorégraphes iséroises et leurs équipes. Le thème de l’Afrique est comme un bouquet rêvé, il fait partie de notre chapelet artistique. Je rebondis sur le Maroc qui est au centre de mon travail depuis dix ans. Que les jeunes apprentis de Shems’y viennent danser leurs histoires de voltiges, d’équilibres et de sauts acrobatiques, me réjouit au plus haut point, qu’ils croisent des artistes du Cameroun et invitent à leurs exploits les habitants de St Marcellin, sera un vrai partage avec les autres, tous les autres et un pont tendu et ouvert sur l’avenir.

Les projets de la compagnie sont multiples, imprégnés de ses chemins artistiques trentenaires : « Pièce à Vivre », solo poétique et humoristique, créé en mars dernier, filera son itinérance fantasmée dans plusieurs départements, villes et villages au cœur des salons et salles à manger des uns et des autres. Une trentaine de dates qui fêtent les trente ans, mûres à point, de la compagnie.

Et dans cette grappe d’aspirations, la reprise de « Parallèle 26 », spectacle créé en 2006 avec Archaos, a une vraie consonance. La fiction continue avec l’élaboration d’un partenariat entre deux écoles du sud : le PNSD Rosella Higthower à Mougins et le Centre Régional des Arts du Cirque Piste d’Azur à la Roquette sur Siagne. Une année et demie de travail pour préparer les étudiants danseurs et circassiens, sélectionnés pour ce projet, et qui joueront ce spectacle lors de la prochaine Biennale Internationale des Arts du Cirque de Marseille 2021.

Sur une tige bien élancée déjà depuis longtemps, un amoncellement de projets de sensibilisation et de créations amateurs, avec les établissements scolaires maternelles et primaires, les collèges et les lycées, les associations, nous obligent délicieusement à nous remettre en question chaque année sur notre soif et notre appétence à entrer en création avec tous : petits et grands, allongés ou maigres, toutes couleurs, curieux et perdus, plantés ou décalés, chacun avec ses peurs, ses défauts, ses espérances, ses songes… Créer est si nécessaire à construire notre vie et à faire pousser des grappes de raisins…

Et puis il y a eu la rencontre avec Jadikan, photographe inventif d’espaces et de lumières et nos envies presque hallucinogènes de créer un spectacle ensemble, dans le mirage du ligth painting, de la danse et de l’acrobatie. À nouveau longer la route des croisements chimériques avec des artistes marocains et français, des danseurs acrobates de notre temps dans les jeux impertinents des technologies numériques. « Dérapages » débutera en résidences de recherche dès avril 2020.

Cette saison 19/20 promet de beaux fruits !

Sylvie Guillermin

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